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par Léa Taïeb
janvier 15, 2019

Qui se cache derrière TownHouse ?

Diane est notre fondatrice. Elle a créé cet espace : TOWNHOUSE WORK/SHOP. Votre espace virtuel.

Elle vient de fêter ses 27 ans, vous y étiez ? Elle semble avoir grandi vite, avec une idée en tête, celle de vivre comme elle l’entend.

Vous allez bientôt comprendre quelles sont ses intentions. Chaque chose en son temps. Vous avez beaucoup en commun.

« Regardez. Lisez… »

l'interview

TOWNHOUSE (LÉA)

Ton parcours, il a quelle forme ?

DIANE

C’est un parcours assez décousu, en terme de parcours scolaire, si c’est ce que tu entends par parcours.

J'ai fait deux années en prépa HEC. J'ai ensuite intégré une école de commerce avec une spécialité marketing. Au bout de deux ans en école de commerce, j’ai dit à mes parents : « ok, c’est cool, mais je m’ennuie un peu. Ça part dans tous les sens. J’ai donc demandé à faire une année de césure pour être vraiment « focus » sur ce que j’aimais et j’ai suivi un MBA en marketing de luxe chez Sup de Luxe, qui est la Chaire de Cartier. C’était des cours du soir 19h-21h, tous les jours.

En parallèle, j’ai enchaîné les expériences professionnelles. Une première chez The Kooples. J'étais ensuite chez Iro et Helmut Lang, en tant que commerciale, je m’occupais des comptes clients, des showrooms. C’était une petite équipe. Je suis ensuite entrée chez Van Cleef and Arpels, en haute-joaillerie : une première fois pour moi dans ce secteur. J’ai compris ce qu’était un service très personnalisé, les commandes spéciales et le sens du détail. C’était un monde très féérique, très beau. Côtoyer les codes d’une très grande maison, m’a beaucoup inspirée.

Pour valider mon diplôme d’école de commerce, je suis partie à l’étranger. Je recherchais un stage et j’ai postulé au Webster, le lendemain, j’étais prise et tout s’est enchainé très rapidement.

J’ai donc vécu à Miami pendant un an et demi. J’étais dans un premier temps, Inventory Assistant / acheteuse. L’équipe était encore petite, on était pas mal de français et j’avais la chance de travailler à quelques mètres de l’équipe dirigeante. Je découvrais les problématiques auxquelles elle était confrontée : j’assistais au développement et au déploiement du concept-store. Ils commençaient à ouvrir des boutiques, dans plusieurs villes américaines. C’était l’époque du tournant. Puis, en tant que stagiaire « parisienne », j’ai été en charge de la collaboration avec le Bon Marché : j’ai briefé les équipes, l’idée étant de mettre en avant le style du Bon Marché à Miami.

Puis, l’année a passé, je suis rentrée à Paris, avec des idées plein la tête. Je revenais d’une année américaine, immergée dans une autre culture, et je constatais les différences entre Paris et les Etats-Unis. On avait, un certain retard en terme de « retail » et d’expérience-client.
Là-bas, je prenais du temps, seule, pour découvrir des espaces et vivre des expériences-boutiques : chez Urban Outfitters, Anthropology ou Soho House. En France, de nouveaux concepts retails étaient apparu. Je me suis dit : cool ça bouge, mais il manque quelque chose. J’avais envie de monter quelque chose, pour autant, je ne savais pas exactement comment. Et en même temps, l’IFM venait d’ouvrir un programme Management & Entreprenariat.

J’ai postulé, mon idée était à un stade assez basique, au fil de l’année, au contact de 8 autres entrepreneurs, j’ai construit quelque chose de tangible. L’idée de départ a évolué pour finalement être le projet d’aujourd’hui.

TOWNHOUSE (LÉA)

Le matin, tu te réveilles, que se passe-t-il ? Soyons indiscret, quels sont tes rituels ?

DIANE

Je me réveille, mon téléphone qui est en mode avion la nuit, n’est plus.

Première chose : je checke mes mails, je réponds à mes messages « urgents ».

Deuxième chose : dans ma famille, on est tous un peu dispersés, ma sœur est à Singapour et mon frère à Los Angeles. On vit en décalage les uns par rapport aux autres, et le matin, au réveil, l’un nous raconte sa soirée J-1 et l’autre fait le débrief de sa journée, c’est assez drôle.

Après ça, je fais toujours le point sur la journée, dans ma tête c’est toujours organisé, j’aime bien savoir. C’est le top 3 des activités du matin. Puis, je prends un bon petit-déj, c’est important, même si je le saute, parfois.

TOWNHOUSE (LÉA)

Cet amour pour la mode il vient d'où ?

DIANE

Déjà à trois ans, j’étais passionnée, la tête dans les armoires. J’ai retrouvé des photos de moi, en train de m’habiller, de choisir ma tenue. Avec du recul, c’est vrai que c’est assez « marrant » de chercher ses affaires, aussi jeune. Donc c’était peut-être enfoui.

Ce qui est certain, et ça, je l’ai réalisé assez tard, ce sont les années que j’ai passé entre la boutique et l’atelier de mes grands-parents, rue Saint-Roch, dans le 1er arrondissement de Paris. Inconsciemment, cette période a guidé mon parcours. C’est d’ailleurs certain. Il y avait 5-6 personnes qui s’occupaient de la création. Petite, je passais des heures dans l’atelier, je les regardais faire des doublures, coudre, retoucher. Ça a beaucoup compté, et c’est indéniablement une source d’inspiration.

Ma mère aussi, est une source d’inspiration pour moi. Je passe des heures à regarder des photos d’elle, déjà jeune, elle avait un style, très prononcé et précurseur : des tenues d’une élégance… Elle me dit souvent : ce que tu portes, je le portais, il y a 20 ans. Je respecte toujours autant son goût même si contrairement à moi, elle ose les couleurs. Elle aussi, elle fait partie du processus et de pourquoi je fais ce que je fais.

TOWNHOUSE (LÉA)

Quelle est la marque qui te donne l’eau à la bouche et que tu as tendance à encenser ?

DIANE

J’adore regarder le travail qu’il y a derrière chaque couture. Chaque pièce, reflète un travail de réflexion, il y a des heures de travail, de métier.
Il y a une inspiration, et c’est ce qui me fascine. C’est la base de la mode parisienne.

S’il y a une maison qui me ressemble en terme de style, c’est Chloé. C’est la parisienne romantique, les formes sont souples vivantes, libres et les couleurs sont assez douces. J’aime ce côté contemporain-cosmopolite. Ce que je fais souvent : je mixe des pièces « coutures » avec du vintage.

Ma dernière trouvaille : LoveShackFancy, une nouvelle marque américaine, qui s’inscrit dans la tradition vintage. Qui est très romantique encore une fois : les robes sont longues, à volants et les coupes sont bohèmes. Je voyage à travers les pièces que j’achète et j’ai besoin de connaître l’histoire derrière la création.

TOWNHOUSE (LÉA)

Qu’est-ce qui t’ennuie (en général ou pas) ?

DIANE

L’inactivité m’ennuie, je déteste ça. Dans ma tête, ça cogite tout le temps. Je ne comprends pas les personnes qui n’ont pas d’objectif : celles qui se lèvent et qui ne savent pas pourquoi. En ce qui me concerne, je suis toujours tracassée, et j’ai toujours une chose qui est prête à sortir, et sur laquelle je pourrai travailler.

TOWNHOUSE (LÉA)

Qu’est-ce qui t’émerveille ?

DIANE

Les gens passionnés, qui se lèvent avec une mission bien précise et qui savent pourquoi. Ils ont un projet et ils y croient. La génération dont je fais partie, m’impressionne : on voit des tas d’entrepreneurs qui se lancent et qui se spécialisent.

La génération de nos parents, je ne sais pas si elle avait l’opportunité de le faire, de cette manière-là. Peu importe ton âge, d’où tu viens, tu mènes ta vie comme tu l’entends. Tu réalises ton rêve. Quand je vois ça, j’ai des étoiles plein les yeux.

Les voyages aussi, m’étonnent. Ils me mènent ailleurs et c’est rafraichissant de voir toutes ces cultures, toutes ces influences qu’elles soient asiatiques, américaines ou européennes. Avec ce projet en particulier, je m’intéresse de près à ce qui se joue ailleurs. J’adore comprendre le pourquoi du comment (rires) et au fil de mes rencontres, je n’hésite pas à poser des questions, des tas comme : la mode ça t’inspire quoi ? Plus je voyage, plus mes yeux s’écarquillent …

TOWNHOUSE (LÉA)

Est-ce que tu aurais un exemple d’entrepreneur ?

DIANE

Tous les entrepreneurs sont une source d’inspiration.

J’ai en tête Sophia Amoruso, fondatrice de NastyGal/Girlboss, c’est ce que j’appelle une serial entrepreneuse. Son parcours est fascinant : elle a commencé très jeune, elle distribuait des pièces vintage sur Ebay, puis sur son site NastyGal. Et ça a cartonné, trop cartonné : tout s’accélère et tu sais plus très bien comment tout gérer, parce que tu n’as pas un profil “business”, tu viens de la mode. Et finalement, ça plante et ta boîte n’est plus la tienne. Tu prends une claque. Et puis, elle revient avec un livre qui raconte son expérience de l’échec, elle scénarise une série inspirée de sa vie, elle relance un site.

Elle est assez impressionnante, elle se prend un coup et elle se dit : « je m’en fous parce que j’y crois parce que j’ai encore des choses à faire, j’ai envie de faire avancer les choses et de montrer qu’il y a d’autres femmes, comme moi ».

J’imagine que son histoire inspire des centaines de jeunes femmes. Aujourd’hui, elle a toute une communauté derrière elle, parce qu’elle n’aurait pas laisser ses rêves s’envoler.

TOWNHOUSE (LÉA)

Ce que tu n’as jamais dit à personne ?

DIANE

(hésitation)

Je trouve ça beau, de se réveiller le matin. Des rêves plein la tête. On a une énergie folle. En tout cas, ça, je trouve ça génial. Et il y a quelque chose d’un peu étrange, qui m’amuse, malgré tout : j’aurais adoré vivre dans les années 60, peut-être pour le style, les coupes et la mode à l’époque, était beaucoup plus institutionnelle. Aujourd’hui, les consommateurs ont pris le pouvoir et font la marque. Avant, il y avait un respect de la maison et du créateur. J’aurais été curieuse de vivre dans ces années-là.

TOWNHOUSE (LÉA)

La créativité, cela évoque quoi pour toi ?

DIANE

Selon moi, c’est un mix entre la spontanéité, la folie et l’imagination. La spontanéité : un créatif ne se rend pas forcément compte qu’il l’est. Il faut aussi beaucoup de folie et ce côté inconscient. L'imagination, il faut en abuser. Si je voulais l’imager, elle ressemblerait à une boîte à idée, ou à un chapeau avec des papiers à l’intérieur.

TOWNHOUSE (LÉA)

Un talent que tu voudrais que le monde connaisse ?

DIANE

Tout le monde a un talent ! Je pense aux différentes personnes qui m’entourent, qui accompagnent ce projet, qui apportent des tas d’idées et leurs histoires personnelles. Elles sont toutes des sources d’inspiration. Vous les découvrirez bientôt : dans la suite des interviews. J’ai hâte !

TOWNHOUSE (LÉA)

Donner du sens à ses actions, c’est une revendication de la génération Y, ça t’évoque quoi ?

DIANE

Rien ne doit être laissé au hasard. On a de la chance : on est très entourés. On a des Business Angels et des incubateurs qui suivent de près nos projets. Chaque action doit être la résultante d’une véritable passion et d’un investissement sans faille, d’après moi. Pour donner du sens, il faut de la conviction. Ma passion, mon histoire, me pousse à donner du sens et à poursuivre mon projet.

TOWNHOUSE (LÉA)

Ta citation – manifeste (que tu portes en toi) ?

DIANE

Une expression que j’adore et qui est très imagée : « think outside the box ». Elle incite à penser autrement, à créer quelque chose qui n’existe pas, à surprendre. J’aime aussi : « make it happen », quand t’as une idée, faut aller au bout. Pour moi, quand on a quelque chose en tête, quelque chose qui nous anime, il ne faut surtout pas lâcher. Le projet sur lequel je travaille prend du temps, et je suis toujours aussi passionnée. J’y crois.

TOWNHOUSE (LÉA)

Tu vas où à Paris ? Un lieu qui te représente ?

DIANE

J’adore la rive gauche. Je n’y habite pas mais je peux m’y perdre pendant des heures : je regarde les gens qui passent. Ce qui peut paraître étrange, et que j’adore faire : c’est pousser les portes qui m’intriguent. Derrière ces portes, je suis très souvent surprise par l’architecture, qui n’est pas croyable. C’est un quartier à l’origine de belles histoires. Il m'a beaucoup inspiré dans ce projet !

TOWNHOUSE (LÉA)

Tes adresses parisiennes, quelles sont-elles ?

DIANE

Pour le matin, pour un petit-déj, je vais chez Claus à Saint-Germain. C’est cosy et les produits sont bons. Je le recommande pour un moment entre copines ou pour un rendez-vous pro, c’est calme.

Il y a aussi un salon de thé, que j’apprécie beaucoup : Miss Marple. C’est une idée de la fondatrice de Bonpoint Marie-France Cohen et de Martine Cohen, là encore c’est super cosy. J’y vais pour un brunch, le dimanche matin et je commande des pancakes avec des morceaux de fraises et de la chantilly, ça me ressemble pas mal. C’est une adresse un peu cachée assez confidentielle.

Pour le midi, Le bar de la Croix Rouge, toujours à Saint-Germain. C’est une brasserie typiquement parisienne, si vous avez une envie de une tartine sur pain poilâne. Je prends celle avec du saumon. Et les desserts sont assez irrésistibles, le crumble est à tomber. La terrasse, permet de voir la rue et ses passants.

La Société j’aime beaucoup aussi. Je dirai que c’est l’élégance parisienne, avec une clientèle cosmopolite et très fashion.
Et sinon, bien évidemment, le Bon Marché : je peux y passer la journée. C’est un endroit sacré pour les gens de la mode : typiquement parisien, et créatif. La sélection mode est toujours assumée, et ne ressemble à aucune autre. Je m’y reconnais.

TOWNHOUSE (LÉA)

Un objet qui est tout toi ? (objet fétiche)

DIANE

Mon bracelet à charms. Il est tout moi, parce qu’il bouge dans tous les sens. Il semble cogiter, en permanence, on se ressemble. C’est aussi un porte-bonheur. Il appartient à ma mère. Elle me l’a offert, il y a deux ans. Chaque charms à une histoire : après chacun de ses voyages, un nouveau s’y incrustait. Il y en a un qui me fait rire, si l’on souffle dessus, le mouvement rend visible le message « I love you ». Ma mère s’amusait avec, en présence de ses amis, et je l’imite. C’est un bracelet qui peut agacer certaines personnes, par le bruit qu’il cause et aussi parce qu’il se coince un peu partout, dans les fils de pulls, par exemple. Quand j’arrive, on sait que je suis là : on m’entend (rires) ce qui d'ailleurs énerve énormément mon frère qui m'a demandé à plusieurs reprises de le retirer!

TOWNHOUSE (LÉA)

Comment aimerais-tu que l’autre te définisse ?

DIANE

Créative. C’est le meilleur compliment pour un entrepreneur.
Ça donnerait : Diane est un peu comme une pochette surprise que t’as envie de découvrir petit à petit.

TOWNHOUSE (LÉA)

Tu mijotes quelque chose, quoi ? (tes projets)

DIANE

Je compte voyager. Je vais bientôt partir en Australie et Corée du Sud. Et sinon, j’ai des projets en tête et j’ouvrirai la boîte à idées, au bon moment ! Je vous tiendrai au courant.

TOWNHOUSE (LÉA)

Un dernier mot ?

DIANE

Allez au bout de vos rêves ! Quels qu’ils soient, rien n’est irréalisable !